Les nouvelles plateformes mobiles un atout pour les groupes de presse

La presse a des atouts pour tirer partie de la prochaine innovation technologique les plateformes mobiles intelligentes de l’Iphone, aux netbooks et autres ebook si elle arrive à aller assez vite dans la mise en œuvre de projets innovants.

 

Des journalistes qui ne sont plus hostiles mais ouverts.

 

Si l’on se souvient de l’époque du Minitel, la presse était l’un des acteurs phare de la télématique, avec le parisien libéré en tête et la petite annonce était encore Reine.

Sans être un expert, je situerais les PA en 1990 à près de 50% du chiffre d’affaires de la presse régionale, 30% de l’Express ou du Monde.

Ce chiffre est à ce jour de l’ordre de 3/4 %.

Avec l’irruption d’internet,  la presse française qui se faisait déborder par de pure players ( Yahoo !, journal du net, au feminin..) et la lecture de la presse en ligne  anglo-saxonne en anglais,  tardait à se positionner avec force et chaque groupe dosait sa présence sur le net et tentait d’amortir la baisse des PA.

Au début des années 2000 on trouvait bien des situations différentes, de l’intégralité des contenus des magazines (l’Expansion, L’Express), au  payant partiel  (Les Echos) aux  contenus très limités (Prisma Presse). Les groupes de  presse hésitaient sur la démarche à suivre et fondamentalement se préparaient à la prochaine révolution technologique.

Ils formaient leurs journalistes, qui en 10 ans sont passés de la défiance à l’écriture spécifique pour le net, de rédaction séparée que l’on pouvait qualifier de traitres à la pureté originelle, à des rédactions polyvalentes, de combats épiques sur les droits d’auteurs à une loi Hadopi dont le volet media est passé somme toute facilement.

Les grincheux des rédactions prennent leur retraite et les nouveaux Directeur de rédaction bloguent (Colombani) et dissertent en vidéo (Barbier). Il est probable que l’on doit retrouver dans les archives du monde toute la verve d’Edwy Plennel sur les méfaits d’internet, qui dirige aujourd’hui Mediapart pure web player..

Les choses changent et les jeunes diplômés du Celsa, de Lille ou de Strasbourg ne se posent pas la question de l’utilité d’internet et de la qualité du vecteur et sont prêts à démarrer dans ce secteur autant que l’on ne les y condamne pas ad vitam.

Les équipes de Nextradio TV vont encore plus loin dans la polyvalence avec la vidéo et même les Echos qui dotent leurs journalistes de portables spécifiques pour devenir des reporters temps réel.

La crise de la bulle Internet a montré qu’internet était une chose sérieuse et qu’il fallait évoluer.

La crise des recettes publicitaires et la baisse de la diffusion payée les interpellent.

Quel est notre métier ?

Vendre des contenus ou de l’audience ?

 

La presse  a trop cru (croit)  à la puissance du modèle publicitaire sur  internet.

Elle a cru que la spécificité de ses contenus lui donnerait une place de choix et a voulu croire à l’omnipotence du modèle publicitaire quand internet valorise le contact utile et donc la logique du rendement.

Dans la plupart des cas, les revenus publicitaires internet basés sur un cout au mille, contact utile  ne permettent de couvrir la baisse des revenus de diffusion et la baisse des revenus publicitaires classiques. Les groupes de presse rencontrent donc des difficultés importantes pour financer  l’ensemble de leurs  contenus et le  coût des rédactions.

Elle se retrouve donc face un phénomène de ciseau, accroissement des couts de production des magazines et journaux concomitante avec la baisse des revenus publicitaires et d’abonnement.

Si la presse magazine se porte correctement la presse quotidienne nationale est partout en perte en 2009 (y compris les Echos ou quasi flat pour le Parisien)  et en situation d’urgence voir de crise permanente pour le Monde et Libération.

 

 

Le développement des Smartphones et autres ebook rebat à nouveaux les cartes

De nouvelles technologies mobiles et de nouveaux systèmes d’exploitation pour les opérer vont redonner une dynamique à la presse écrite. Ces technologies comme les note books ( Sony, Dell, Apple, etc..) , les  Ebooks simple écran ( Amazon, Plastic logic/QUE , Sony ..) ou demain les Ebooks double écran ( Microsoft, Asus..) permettent de revenir à une économie plus satisfaisante pour l’éditeur de presse .

Le business model de ces appareils est plus proche de celui du jeu vidéo que du portail internet. Mieux vaut vendre cher un contenu unitaire et en être le distributeur que de partager un maigre revenu publicitaire. Microsoft, Google voudraient être les  MNPP des Ebooks , il est encore temps qu’ils n’en soient que les transporteurs les prestataires..

La Région parisienne a bien identifie le potentiel de création d’emplois dans ce secteur pour la presse et l’édition,  une initiative comme Mobile  Jungle peut également y contribuer.

Reste à savoir où se situeront ces emplois chez les pures players ou dans les media

Les grands media sauront ils profiter de cette nouvelle révolution technologiques

 

Benoit Deniau , directeur Clear Vista , ISG 83

Edition électronique et marketing de l’innovation. Conçoit, audite ou améliore des produits ou services complexes et innovants dont il assure le lancement dans le grand public.

·      Editeur de logiciels éducatifs Hatier en 1983.

·      Crée Epygone, agence de communication interactive.  Développe plus  de 30 “serious games” pour l’Education Nationale ( RATP, BNP, EdF, SNCF…)

·      Crée, dirige  et développe BMG Interactive (Bertelsmann Music ) France en 1994, premier producteur français de CDROM ( Le Louvre, La Panthère rose etc..) . Membre du comité de direction international de BMGI en 1996.

·      Dirige la filiale française de Take Two. Le jeu GTA 2  atteint 2 Millions  d’ex.

·      Rejoint Vinvendi Publishing et lance le portail Squarefinance  (l’Expansion, Vie Financière, Mieux Vivre, ..) 

·      Conseille depuis 2003  entreprises et institutions au sein de Clear Vista

 

 

 

Commentaires

Chronique d’une sortie annoncée

Il est frappant de voir que la tablette Ipad est dans l’ensemble des rapports prospectifs depuis 30 ans

Si l’on reprenait les anciennes recherches du CNET ou les écrits de l’IDATE, de Forester, de Gartner on verrait se préciser au fur et à mesure ,les contours de cette tablette des interfaces mobiles pour écouter, lire jouer, chanter et puis rire, parler sans avoir rien à dire comme dirait le poète.

Il est probable que la première description fine de ce qu’Apple sort aujourd’hui était déjà disponible à la fin des années 80 sur le bureau des managers de Sony, France Telecom ou Philips.

J’ai l’intime conviction que les conditions economiques pour un tel produit étaient réunies dés le début des années 2000 avec une couverture suffisante des réseaux adéquats pour disposer d’un premier marché.

Pourquoi France telecom et Alcatel continuent à acheter des études si c’est pour laisser la maitrise de la vente des contenus à Apple ou google. Il me semble pourtant en effet préférable pour ces sociétés qui ont  la puissance pour faire mieux qu’Apple de partciper à l’abaissement du prix unitaire des contenus en abaissant les péages par des volumes suffisants et d’arrêter de copier les chaines de TV où elles n’apportent une innovation limitée.

Je vois en effet un risque fort que le payage des contenus soit fait à Cuppertino quand nous avons en Europe le savoir faire pour définir des usages propriétaires …

En résumé, que  pouvons nous collectivement faire pour montrer à France Telecom qu’en bon architecte il a tous les talents pour s’accaparer la définition des péages qui passent par l’innovation des interfaces, des services, des designs , et la capacité à faire rêver cette communauté

A bientôt